La goutte d’eau qui fait déborder…
Résumé
“Les prochaines guerres seront conduites pour l’eau” déclara le président de la Banque Mondiale, Ismail Serageldin, en 1995, en prévoyant de potentielles opérations armées entre États. Il fut largement soutenu dans sa vision par le secrétaire général de l’ONU de l’époque, B. Boutros Ghali, ainsi que par de nombreux médias. Mais, face à la pénurie alarmante de l’eau, observe-t-on effectivement l'éclosion de conflits armés entre États ? Dans cet article, nous arguons du fait que la guerre de l’eau entre États n’a que très rarement lieu. Cependant, le danger de conflits à l’intérieur même des pays est beaucoup plus sérieux. Après un détour par la « géographie politique de la pénurie d’eau », les conditions de coopération et de conflit sont alors étudiées aux deux niveaux inter- et infra-étatiques.
“The wars of the next century will be about water” stated the former president of the World Bank, Ismail Serageldin, in 1995, referring to potential violence between states – a discourse that was further backed by the then secretary general of the UN, B. Butros Ghali, and spread throughout the media. But do we really face wars between states over the access to this resource? In this article, we argue that water wars are actually very rarely conducted between states, but that conflict potential is instead quite serious within countries. After an introduction into the “political geography of water scarcity”, these two levels of analysis will be at the centre of the reflections on conditions of cooperation and conflict over water.
Entrées d'index
Pour citer cet article
Référence électronique
Annabelle Houdret, « La goutte d’eau qui fait déborder… », Géocarrefour, vol. 80/4, 2005, [En ligne], mis en ligne le 01 juin 2009. URL : http://geocarrefour.revues.org/index1269.html. Consulté le 20 novembre 2008.